Beverly Matherne

Internationally Acclaimed Poet

Le Blues Braillant
(The Blues Cryin')

Bilingual Poem by Beverly Matherne in Both Languages, with audio

Le blues braillant

Quand la neige couvre les chemins,
     les savannes,
et que la nuit est claire...


j'entends brailler le blues
     jusqu'au printemps.
Ouais, j'entends le blues
     jusqu'au printemps.


Quand j'ai envie de faire
     un trou dans la neige
et de m'enterrer vivante,
     la neige écrasant mon corps,


j'imagine le blues sur mes seins
     avec le bout de ta langue.
Ouais, le blues sur mes seins
     et le bout de ta langue.


Tu sais, ça me fait perdre mon chemin.
     le blues me prend
et me garroche haut, à travers les étoiles,
     jusqu'aux planètes,


qui virent lentement, oh ouais!
     Tu sais, 
je suis cette déesse égyptienne, toute nue,
     étendue à travers la nuit.


Et c'est toi le dieu, couché sur ton échine,
     qui m'appelle, m'appelle.
Mais je réponds pas encore.
     Non, je descends point.


Et pis un jour, comme toujours,
     nos mains se touchent,
et on brûle à travers cette neige icitte.  On est
     racines, eau vive, narcisses,
nuit sombre, étoiles, planètes, entr'mêlés.


Not' solo monte, et quand ça finit,
     ça se calme.
Um hmm, quand ça finit ça, se calme.
     Ouais, tu sais ça,
            se calme.
         Um hmm, ouais!
            

The Blues Cryin'

When snow covers the streets,
     the meadows,
and the night is still...


I hear the blues cryin'
     all the way to spring.
Yeah, hear the blues cryin'
     all the way to spring.


When I might just about
     dig a hole in the snow
and bury myself alive,
     snow pounding over my body,


I imagine the blues on my breast
     with the brush of your tongue.
Yeah, feel the blues                       
     with the brush of your tongue.


You know it, takes me off the freeway,
     the blues does,
shoots me high, past the stars,
     to them planets,


circlin' ever so slow, oh yeah!
     You know,
I'm that Egyptian goddess, my naked body
     stretched across the sky. 


And you, you that god, flat on your back,
     calling, calling.
But I don't come down yet.
     No, I don't come down yet.


And then one day, like clockwork,
     our hands touch,
and we burn through that snow.  We are       
     roots, running water, narcissus,
black night, stars, planets, in one.


Our solo builds up, and when it ends,
     quiets down.
Um hmm, when it ends it just, quiets down.
     Yeah, you know it, 
           quiets down.
         Um hmm, yeah!